Château du NIDECK

Situé sur les hauteurs de la route qui mène d'Oberhaslach à Wangenbourg, au dessus de la cascade du même nom, le château du Nideck est mentionné pour la première fois dans une charte en 1264, propriété du sire Bourckard, burgrave du Nideck.

Il s’agit en fait de deux châteaux nettement distincts qui sont le résultat d'un partage familial dont une charte datant de 1336 serait le seul témoignage.

En effet, en 1336, il est fait mention d'un second château, en contrebas du premier édifice, fief de l'évêché de Strasbourg et détenu par les landgraves de Basse-Alsace.

Le Nideck est ensuite la propriété des seigneurs de la région, aux XIVe et XVe siècles, au gré des différents conflits régionaux et autres brigandages. Il est assiégé par les Strasbourgeois en 1448. La famille de Müllenheim entre en possession du château et le conservera jusqu'en 1509. Il est définitivement détruit par un incendie en 1636.

Il s'agit donc de deux châteaux distincts qui s'élèvent à flanc de montagne, à une altitude de 534 m. Celui du haut présente un fossé et un mur-bouclier à l'attaque. Son habitat très réduit est mal conservé. Celui du bas montre un donjon carré qui protège un logis exigu. Cet établissement bas date du milieu du XIII` siècle, alors que l'autre semble plus tardif, du début du XIVème.

La légende du Nideck

Charlotte Engelhardt-Schweighaeuser (1781 - 1864) recueillit la légende de la bouche d'un garde forestier. Elle en fit un poème en alsacien.
Jacques Grimm lors de son passage en Alsace en 1814 le transcrivit en prose allemande et l'inséra plus tard dans les "Contes Allemands" des frères Grimm.
Plus tard Chamisso en fit un poème allemand qui devint célèbre. Une plaque commémorative célèbre le poète romantique (mort en 1838) qui magnifie la légende des géants du Nideck.

 

Plaque commémorative du poête Chassimo sur le château inférieur
Plaque commémorative du poête Chassimo sur le château inférieur

La fille du géant du Nideck (Das Riesenfraulein)

 

Un château fort élevait autrefois sa tour hardie au milieu des grands bois.
Il abritait, nous raconte la fable, de fiers géants, de race redoutable.
Or, il advint que l’enfant du Seigneur, fillette blonde à l’oeil d'azur rêveur,
Vit en jouant une poterne ouverte et s’élança dans la campagne verte.
Quel monde neuf, que de choses à voir, maisons, clochers, ruisseaux, vergers et vignes, prés, champs dorés,croissant partout leur ligne.
Mais en s’avançant ainsi par le vallon, l’enfant joyeuse vit dans les sillons
un laboureur dont la charrue agile d'un soc aigu perce le sol fertile.
Quel beau jouet !
Et s'emparant de tout jusqu'au jouet, dans sa tunique elle met sa trouvaille,
de ses deux mains la serrant à la taille, sans s’émouvoir trop des cris du rustaud.
En quelques bonds, la fillette est en haut, portant toujours sa charge singulière, dans les replis de l’étoffe légère.
Vois père, vois ce que j'ai pris là-bas.
Qu'est-ce ?
Bien sûr, tu ne devines pas, dit-elle, encore de l’aventure émue.
Quoi, fait le père, un jouet qui remue ?
Mais c'est vivant. répond-elle, oh ! vois, vois et dans sa joie, elle étale à la fois, riant toujours comme on rit à son âge, le villageois tremblant; et son attelage.
Qu’as·tu fait là mon enfant, à l’heure il faut sortir cela de ma demeure, respectons le travailleur austère qui nous nourrit en cultivant la terre. Sans lui, crois-moi, nous n'aurions ni pain doré, ni tissu vaporeux, et notre race puise ses forces et sève dans ses sueurs, son travail sans trêve.

 

par Albert de Chamisso

 

Morale de cette légende:

Les grands de ce monde, aussi puissant soient ils, auront toujours besoin des petits pour trouver leur nourriture.
" On a toujours besoin d'un plus petit que soit ! "

 

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